Jerzy vit le jour le 14 septembre 1947 dans le foyer chrétien de Marianna et Wladislaw Popieluszko, paysans d’Okopy. Garçon discret et réfléchi, il reçut profondément la foi transmise dans sa famille et à l’école.
Le jour de son baccalauréat, il annonça son intention d’entrer au séminaire et choisit celui de Varsovie, non loin du monastère franciscain de Niepokalanow fondé par le Père Maximilien Kolbe qu’il admirait profondément et dont il suivit fidèlement la devise : « Pour rester des hommes libres, nous devons vivre dans la vérité ».
Il se prépara au sacerdoce dans une Pologne soumise au joug d’un pouvoir communiste farouchement opposé à la foi catholique. Réquisitionné pour le service militaire, il endura sans se laisser intimider des sanctions dures et injustes de la part de ceux qui voulaient lui faire piétiner sa foi.
Ordonné prêtre le 28 mai 1972, il se donna généreusement à son ministère, jusqu’à l’épuisement de ses forces. Rapidement, il dut endurer les misères d’une santé délabrée.
Nommé aumônier des infirmières de Varsovie, puis responsable du groupe des étudiants en médecine, il leur transmit avec force l’amour de la vie dès sa conception et travailla à unifier tous les membres du corps médical pour former une grande famille au service des souffrants, les exhortant à vivre leur métier comme « une vocation, la plus proche du sacerdoce à travers l’accomplissement de la miséricorde envers (…) les malades, les souffrants (…) qui sont la partie la plus vaillante de l’Église (…) le plus près de la croix du Christ ».
Sa vie prit un nouveau tournant un dimanche d’août 1980, lors du grand mouvement de grève, quand les ouvriers de l’usine de sidérurgie Huta Varsovie envoyèrent une délégation à l’archevêché pour qu’un prêtre vienne leur célébrer la messe.
Dans un compte-rendu de son travail pastoral, il devait expliquer : « Je suis entré dans le milieu des ouvriers à la demande personnelle du Cardinal Primat en août 1980. Je servais les ouvriers comme prêtre les jours heureux et je suis resté dans les moments d’épreuve. J’ai travaillé dans ce milieu, sacrifiant mon temps personnel, mon repos, mais pas au prix de la pastorale dans le milieu médical. Comment était perçu mon travail au milieu des ouvriers ? Seuls le savent uniquement Dieu Tout-Puissant et ces hommes que j’ai rendus plus proches de Dieu, en qui j’ai fortifié l’espérance et en qui j’ai purifié la haine. »
A partir de février 1982, son curé, le Père Teofil Bogucki, par qui il se laissait former comme un fils spirituel, lui confia la célébration des messes pour la patrie. Le Père Jerzy éveillait l’amour de la liberté et de la vérité au cœur des Polonais soumis aux violences d’un pouvoir oppressif. Il les débarrassait de la peur et de la haine.
Apportant à l’épuisé le réconfort, il se dépensait sans compter, malgré sa fatigue, pour subvenir personnellement aux besoins des familles dans la misère, suscitant activement un grand réseau d’entraide. Les gens se pressaient autour de lui car ils étaient ranimés par sa bonté attentive et chaleureuse.
La force de son témoignage était telle qu’il inquiéta les hommes du pouvoir. Poursuivi, harcelé, calomnié, arrêté, interrogé, menacé, pris en filature pendant des mois, le jeune prêtre de 37 ans fut finalement enlevé le soir du 19 octobre 1984 alors qu’il revenait d’une action pastorale.
Il fut battu à mort et tué.
Son corps, retrouvé le 27 octobre 1984, devint immédiatement l’objet de la vénération constante du peuple polonais réuni autour de son martyr.
Citations
« Ad maximam Dei gloriam ! … Nous mettrons en mouvement les grosses pièces d'artillerie, l'oraison jaculatoire à la Sainte Vierge mettra en déroute l'ennemi…» (le chevalier de l'Immaculée veut convertir le monde tout entier !)
« J'exige que vous soyez des saints, et de très grands saints ! … c'est une question de simple calcul, voici ma formule : v = V. Identifie ta volonté à celle de Dieu, qui veut que tu sois saint. »
« Abandonne-toi chaque jour davantage entre les mains de Jésus et de l'Immaculée : avec Elle, tu peux tout… Il n'y a point d'acte héroïque que nous ne soyons capables d'accomplir avec l'aide de l'Immaculée. » (dans la maladie, dans les fondations sans moyens financiers, dans la persécution et l'emprisonnement)
« Mes petits enfants, aimez l'Immaculée, elle vous rendra heureux. Faites-lui confiance, livrez-vous à elle totalement… Il faut demander cette grâce à genoux… elle est réellement Mère de Dieu. Seul l'Esprit-Saint peut faire connaître son Épouse, à qui et comme il veut… » (testament spirituel du Père Maximilien)
« Prions, acceptons amoureusement toutes les croix, aimons tous nos prochains… » (le martyr de la charité rappelle dans le camp de concentration, lieu de haine, l'amour pour nos ennemis)
Une vie en dates
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7 janvier 1894
Naissance de Raymond Kolbe, vers 1904 apparition de la Sainte Vierge, vocation à la chasteté et au martyre (épisode des deux couronnes)
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1 novembre 1914
Profession perpétuelle chez les Franciscains Cordeliers
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17 octobre 1917
Fondation de Militia Immaculatae
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28 avril 1918
Ordination sacerdotale à Rome
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20 novembre 1927
Fondation de Niepokalanow
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14 août 1941
Mort dans le bunker de la faim à Auschwitz
Congrégations
Prêtre-religieux franciscain
Saint Maximilien est un religieux et un prêtre. Comme prêtre, il conforme sa vie au Christ-Prêtre. En tant que religieux, il embrasse les conseils évangéliques : l'obéissance lui sert de « phare et de boussole », par elle se manifeste, pour lui, la volonté de Dieu et de l'Immaculée. Sa pauvreté se résume ainsi : rien pour nous, tout pour la gloire de Dieu et de l'Immaculée. À la suite de saint François, il observe une pauvreté absolue. Dans la chasteté, son âme exprime l'amour de l'Église-Épouse pour le Christ-Époux. Le don total de lui-même s'épanouit en fécondité spirituelle dans son apostolat et l'exercice de sa paternité pour ses frères.