Modèle du chrétien humaniste, engagé dans la cité pour la sanctifier, il ne néglige aucune dimension de sa vocation, étant aussi bon époux que bon père, grand érudit et serviteur de l’État ; toute sa vie est unifiée sous le regard de Dieu.
Thomas More naît dans une riche famille bourgeoise de Londres en 1478. Soucieux d’accomplir la volonté de Dieu pour lui, il cherche sa vocation en se tournant vers la vie monastique avant de comprendre que Dieu l’appelle au mariage. Il fait alors de sa vie familiale le lieu d’une sainteté héroïque, faite de beaucoup d’amour et de simplicité. D’un naturel paisible, affable, joyeux, il est aimé des siens.
Esprit bien formé, au courant de toutes les recherches de son temps, il illustre le type accompli de l’humaniste chrétien ; joignant l’amour des lettres à l’amitié, il partage sa passion avec Érasme. Il rédige en 1516 Utopia, célèbre essai philosophique dans lequel il dépeint une société idéale où règnent le bon exercice de la raison et la charité fraternelle.
Dans un contexte de contestation à l’égard de l’Église, il propose un chemin de réforme non pas extérieure mais intérieure car il comprend que l’Église a besoin de la sainteté de sa vie pour s’élever, non pas de la critique.
Lorsque Henri VIII l’attache à sa fortune, commence pour Thomas une brillante ascension politique. Toutefois, il n’y voit pas tant un honneur personnel qu’un service rendu à l’État au nom de Dieu. Il est alors aux premières loges de la politique, d’où il constate que le climat change en Angleterre dans les années 1520-1530. En effet, Henri VIII se greffe au protestantisme en rompant avec le pape dans le but de divorcer.
Thomas More s’engage alors dans une résistance silencieuse, tout en restant au service du roi, faisant ainsi preuve d’une exceptionnelle liberté intérieure. Il ne quitte en effet la chancellerie qu’en 1532 lorsqu’on veut le contraindre à adhérer au divorce. Il apparaît dès lors comme suspect.
Sommé de prêter serment à « l’acte de suprématie », reconnaissant le roi comme le chef de l’Église d’Angleterre, il se dérobe avec doigté, pour l’amour de l’Église et de la primauté du siège apostolique, ce qui lui vaut d’être jeté en prison à la Tour de Londres en 1534.
Durant quatorze mois, il y mène une vie ascétique, profitant de cette retraite forcée pour s’unir davantage au Christ dans sa Passion.
Il est finalement condamné à mort le 1er juillet pour haute trahison.
Enfin, le 6 juillet 1535, il se rend sur l’échafaud avec le sérieux que requiert la mort mais aussi l’humour que permet la sérénité. Il aurait même dit à son bourreau, tout en disposant convenablement sa barbe : « ma barbe est innocente de tout crime, et ne mérite pas la hache ».
Jusqu’au bout, il garde la bonne humeur souriante et héroïque qui le caractérisait si bien durant sa vie, témoignage d’une sainteté aussi profonde qu’heureuse.
Citations
« Cette maison (son cachot) n'est-elle pas aussi proche du ciel ? » (Alors qu'il est en prison, à sa fille et sa femme lui demandant de se soumettre pour rentrer à la maison)
« Mylord, pour un évêque de votre opinion, j'ai une centaine de saints de la mienne, et pour votre Parlement, j'ai tous les conciles généraux depuis mille ans. »
« L'Eglise est une et indivisible et vous n'avez aucune autorité pour faire une loi qui brise l'unité chrétienne. »
« J'espère de la bonté et la miséricorde de Dieu que, malgré nos divergences d'opinions en ce monde, nous serons unis dans la charité parfaite dans l'autre. »
Il déclare mourir en « bon serviteur du Roi, et de Dieu en premier ».
Une vie en dates
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Thomas More naît dans une riche famille londonienne.
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Il épouse en premières noces Jane Colt puis, devenu veuf, épouse en secondes noces Alice Middleton.
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Il commence à s'engager dans la lutte contre le luthéranisme.
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Il est nommé chancelier du roi d'Angleterre Henri VIII.
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Il est enfermé à la prison du Temple pour avoir refusé de reconnaître le roi comme chef suprême de l'Eglise d'Angleterre.
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6 juillet 1535
Il meurt martyr pour l'amour de l'Église et du pape.
Congrégations
Vocation au mariage
La vocation baptismale de Thomas More s'est déployée dans le mariage, répondant ainsi à l'appel du Christ : former dans la communion intime du couple « non pas deux mais une seule chair » (Mt 19,6). Le mariage un grand mystère (Eph 5, 32) car il est le signe de l'union du Christ et de l'Eglise, et finalement, de Dieu avec chacun. La fécondité du mariage par le don sans retour de soi-même est ainsi l'image de la fécondité même de Dieu. De même, l'indissolubilité du sacrement est le reflet de la fidélité éternelle de Dieu dans son alliance avec l'Église et chacun de nous.